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12.08.2008

Le radis de cristal (透明的红萝卜) de Mo Yan

Fiche technique:

De Mo Yan
edition Philippe Picquier (Poche)
175 pages.
6,50€

L'auteur:


Guan Moye 管谟业 est un auteur chinois né en 1956 au sein d'une famille paysanne du Shandong. De 1959 à 1961, sa famille connaît la faim en raison du Grand bond en avant. En 1966 pendant la révolution culturelle, il est classé parmi les mauvais éléments et il est exclu de l'école. A l'âge de 20ans, il se sent libérer lorsqu'il intégre L'armée populaire de libération. Grâce à son intégration il a pu poursuivre des études dans l'université de Beijing (Beida) où il sera diplômé en 1991.
En 1981, il publie son premier roman, Radis de Cristal (透明的红萝卜 Touming de hong luobo), et prend le nom de plume Mo Yan, 莫言, "celui qui ne parle pas".Sa reconnaissance est immédiate, mais ce n’est qu’avec son Clan du Sorgho (红高粱 Hong Gaoliang), qui sera porté à l'écran sous le nom de "sorgho rouge" par Zhang Yimou.

Résumé:


Dans l'univers fruste d'une campagne chinoise, un enfant vagabond qui ne communique jamais par la parole s'émeut d'une caresse, d'un crépitement, de brèves émotions furtives : à travers son regard, les sons, les odeurs, les matières et les couleurs prennent une intensité poétique poignante.

Avis personnel:

Ce livre renferme deux nouvelles de Mo Yan, La première s'intitule "Le radis de cristal", elle conte les aventures du jeune Noiraud. Celui-ci est victime du mauvais traitement de sa belle mère, mais il représente aussi la misère humaine, il est maigre, à moitié nu qu'il pleuvent ou qu'il vente et il souffre d'un mutisme du au coup et à la faim. Et pourtant, ce qui m'a marqué au fil de ma lecture, c'est son émerveillement devant les moindre beauté de la nature. Ceci empêche l'oeuvre de sombré dans la noirceur absolue, mais malgré ceci le dénoument est poignant.
La seconde nouvelle s'intitule "Délugue"nous plonge dans l'évocation du passé et des origines mythiques du canton de Gaomi, "dans un monde ensorcelé où les histoires mystérieuses scintillaient au rythme des feux follets" (p. 140). L'histoire de l'installation d'un premier couple de colons chinois dans cette région désolée, infestée de marécages et de moustiques, et de la naissance de leur fils pendant une terrible inondation, se teinte de mystère, de poésie et de merveilleux.

Pour moi, cette oeuvre fut l'occasion de découvrir cet auteur. J'ai été très touché par la sensualité et la poétique de Mo Yan, à travers des différents décors tel que ses multiples évocations du frissonnement du vent sur les champs de chanvres blonds. Des pages où il ne se passe rien, peut être que ceci casse le rythme dramatique du récit mais quelle beauté! Je peux comprendre que ce genre de passage agace et ennuie mais j'étais heureux de redécouvrir ce genre de phase que l'on retrouve avec joie dans les oeuvres de Kim Dik-duk, de Hou Hsiao-hsien où encore Tran Anh Hung. Pour conclure, Mo Yan a trouvé une certaine harmonie entre son goût pour la contemplation de la nature et à son talent de poète. Maintenant il me reste plus qu'à voir comment son oeuvre a évolué. A suivre.

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